Je lutte. Bordel même dans mon couple, je lutte. Je lutte contre un phénomène qui nous ronge: la normalité. Je lutte contre le nivellement vers le bas des émotions, contre la lightisation des réflexions, contre la peur tentaculaire de s'écarter du droit chemin social... Contre la peur de finir seul... Loin du troupeau...
J'emmerde le troupeau...
Je lutte certes toute seule... Mais je peux me vanter d'exister... C'est épuisant, mais la vérité, oui cette quête infinie vers l'explication du monde, m'absorde confusément. Ainsi comme disait Spinoza, Je laisse chacun vivre selon sa complexion et je consens que ceux qui le veulent meurent pour ce qu'ils croient être leur bien, pourvu qu'il me soit permis à moi de vivre pour la vérité.
L'ennui, c'est que la société, dans un instinct grégaire primaire, et pour son bien, semble lutter ardemment contre les éléments galeux qui voudraient penser autrement; tout particulièrement contre les indépendants qui voudraient changer les règles du jeu. Du coup, elle étique les mouvements et les dissidents. C'est plus sécurisant.
Nous ne sommes pas libres. Nous nous croyons libres parce que nous ressentons les effets des causes qui agissent sur nous. Mais les postulats ne nous appartiennent pas, la cause, en elle même, n'est pas nôtre. Seulement, je pense que l'on peut s'affranchir de ce déterminisme. Et c'est sans doute là que se niche sincèrement la liberté. Nos connaissances, nos apprentissages nous rendent libres; et nos désirs aussi. Puisqu'en connaissance des causes qui nous bousculent, notre puissance d'agir s'en trouve augmentée. Joie d'agir, joie d'être soi...
Du coup, je lutte contre une certaine forme de passivité humaine, en partie régit par la morale.
Le plus important est de désincruster les refuges de l'ignorance; ils s'appellent souvent Dieu d'ailleurs... Mais ils justifient tout, la pénalisation de l'avortement, l'aliénation des femmes ou encore la Loi...
Donc je lutte. Exister... Ne jamais se laisser aller à une flemme intellectuelle. Monopoliser l'espace. Politiser, politiser... Faire pousser ces idées, les faire fructifier, se battre contre celles des autres... J'aime ton être.. Mais je vais casser la gueule à tes idées... Ne jamais croire ce qui tombe du ciel ou ce qui sort d'un média sans le méditer, le digérer et recouper les sources... Travailler son esprit au corps, cultiver l'anticonformisme, se délecter de l'errance du groupe
Je lutterais contre les adultes. Ceux qui te disent: ça se passera comme ça. J'ai et j'aurais dix huit ans toute ma vie; mais je les aurais de mieux en mieux... Ca s'appelle la force de l'expérience...
J'ai plein d'exemples contre ces adultes excessifs; ceux à propos du mariage ou de la maternité sont mes préférés. Sans doute parce que se sont les plus faciles à exploser. A faire en laissant avec un cynisme explosif...
Tu verras le mariage, un jour, toi aussi tu en auras envie... Hey, je veux bien te croire, mais j'ai des collants plus vieux que ton histoire d'amour ! ou encore... Des enfants ? Quand je vois tes cernes et tes seins, j'y réfléchis à deux fois...
Mais bon, c'est tellement Samantha Jones...
Je passe peut être pour une dépressive ou une orgueilleuse qui se croit au dessus des obligations sociales ou de la vie tout simplement. Ce n'est pas ça. Je ne lutte pas contre les choix des autres, je lutte contre un instinct de l'espèce: mordre ceux qui sont dangereux de part leurs différences.
Et puis, je suis victime d'une part. Parce qu'à chercher la différenciation absolue, je ne suis pas perméable aux attaques, aux réflexions, aux jugements de valeurs qui obscurcissent l'éventail des possibles. Ni bien, ni mal, seulement la justice. Juste le choix de lutter contre la facilité: penser comme tout le monde, par manque de courage.
La liberté de réflexion, un travail sans fin... En général, vous y perdez pas mal, vous y gagner votre vrai Salut...
Spinoza (encore) : La chose du monde à laquelle un homme libre pense le moins, c'est la mort, et sa sagesse n'est point méditation sur la mort, mais sur la vie...
Je vous l'accorde, je passe mon temps à devenir ce que je ne suis pas encore...