Aujourd'hui, il faisait terriblement bon et beau. Les oiseaux jouaient à merveille leur rôle de fond sonore rural printanier et, en ce dimanche de résurrection mystique, des tas de troupeaux familiaux promenaient tranquillement leurs marmailles hurlantes.
Je décidai, courageusement, après mure réflexion, et un abus crucial de chocolat, qu'il était temps de ressortir mon vélo et de pédaler innocemment à travers les champs verdoyants de ma si jolie campagne natale; Histoire d'éliminer quelques surplus et de respirer l'air pûûûûr...
Au hasard de cette escapade rurale bercée de Faithless, je croisai une vieille connaissance: Une amie d'enfance perdue de vue. Sans doute une erreur cruciale. En effet, vous savez que vous n'avez plus rien à vous dire. C'est comme un ex avec lequel on tenterait de refaire quelque chose. C'est purement stérile. On a oublié le pourquoi de la séparation, et comme notre mémoire nous a fait oublier les mauvais points, on voudrait se rejeter à l'eau...
Et donc, je discutaille un peu... pour me rendre compte d'une certaine puissance de la vie. Ce qui avait été vécu comme un chagrin d'amitié pré-adolescent me semble aujourd'hui n'avoir été qu'un mal nécessaire. Je finis par croire que quelqu'un décide de mes fréquentations plus que moi même. J'ai aussi la désagréable impression de trouver chez ceux que j'ai cru mes ennemis une force essentielle. En effet, qui d'autres que ces intolérables créatures qui osent nous détester peuvent nous donner assez de forces pour écraser la terre entière ? J'ai aussi pris de redoutables coups de poignards par des gens que je considérait plutôt comme inoffensifs... Vous voyez de qui je veux bien sur parler ?
Bref, il faut mieux se protéger d'un agréable sourire et ne rien dire de plus quand notre regard en dit déjà long. Mais notre plus grand ennemi ne se cache t-il pas dans notre coeur ?